A la Sainte-Luce, les jours croissent-ils du saut d’une puce ?


Les français sont décidément crédules…

Voilà des siècles, qu’ils se répètent de vieux dictons, sans en vérifier l’authenticité.

Il en va ainsi du fameux proverbe : « A la Sainte-Luce, les jours croissent du saut d’une puce ».

En effet, la durée du jour ne commence réellement à croître qu’après le solstice d’hiver (le 21 décembre). Alors, quoi, ils sont encore tombé sur la tête, les gaulois ?


De deux choses l’une, vérifions : il semblerait qu’il y ait deux explications.

Une première explication pourrait être donnée par l’équation du temps1 : si, en effet, au 13 décembre, les jours continuent de raccourcir… le soleil, lui, commence à se coucher insensiblement plus tard chaque jour… Un décalage infime : 1 minutes en 5 jours…

D’après la seconde explication, il semblerait que le dicton ait fait son apparition avant l’application du calendrier grégorien, en 1582, et que le 13 décembre d’alors correspondait astronomiquement au 23 décembre d’aujourd’hui. En somme, c’est bien gentil de la part de Grégoire XIII de ne pas supporter que les calendriers soient décalés par rapport au soleil et de vouloir remettre les pendules à l’heure, mais les chat finissent par ne plus y retrouver leurs jeunes et on ne sait plus à quel saint se vouer… 2

Quoi qu’il en soit, si vous souffrez de dépression saisonnière, ce proverbe pourra vous apporter un peu de réconfort…


1 L’équation du temps peut donner mal à la tête, attention, mais vous en trouverez une version vulgarisée ici).
2 Il semblerait que les motivations du changement de calendrier étaient en réalité d’un autre ordre comme le montre cet excellent article de F. Biraud : « Le souvenir du calendrier julien dans les traditions populaire ».